Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/277

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THÉÉTÈTE.

Tu as raison.

L’ÉTRANGER.

En procédant ainsi, nous allons bien régaler, je pense, nos jeunes apprentis et nos vieux entêtés. Le premier venu pourra nous objecter qu’il est impossible que plusieurs soient un, et que un soit plusieurs, et voilà nos gens enchantés de vous apprendre que homme bon ne se peut dire, et que, d’une part, l’homme est homme, et, de l’autre, le bon est bon. Tu n’es pas, je crois, Théétète, sans avoir rencontré plus d’une fois des gens qui s’adonnent à de pareilles arguties, et souvent même des vieillards qui, par pauvreté d’esprit et de connaissance, sont en admiration devant ces choses-là et s’imaginent y avoir trouvé des trésors de sagesse.

THÉÉTÈTE.

Oui, j’en ai rencontré.

L’ÉTRANGER.

Eh bien ! afin de nous adresser à tous ceux qui ont jamais raisonné d’une manière quelconque sur l’être, convenons que les questions que je vais proposer, seront dirigées contre ces derniers aussi bien que contre tous les autres avec qui déjà nous avons eu affaire.

THÉÉTÈTE.

Quelles questions ?