Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/440

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L'ÉTRANGER.

Tu me le rappelles à propos. Je crois que la conséquence de ceci est que le gouvernement véritable, s’il en existe de tel, ne doit être cherché que dans une personne ou deux, ou quelques-unes tout au plus.

LE J. SOCRATE.

Évidemment.

L'ÉTRANGER.

Soit qu’ils gouvernent par la volonté générale ou malgré elle, selon des lois écrites ou sans lois, qu’ils soient riches ou qu’ils soient pauvres, ces vrais politiques doivent être réputés, ainsi que nous en tombons d’accord, comme exerçant leur empire suivant un art. Il en est de même des médecins, qu’ils nous guérissent de notre consentement ou malgré nous, par le fer ou par le feu, ou en nous faisant souffrir toute autre espèce de douleur, qu’ils agissent ou non selon des règles écrites, qu’ils soient pauvres ou qu’ils soient riches, nous ne les en nommons pourtant pas moins médecins, tant qu’ordonnant au nom de l’art, purgeant leurs malades ou les amaigrissant de quelque autre manière, ou même augmentant leur embonpoint, pourvu que ce soit pour le bien du corps et pour le rendre meilleur de pire qu’il était, tant, dis-je, qu’ils guériront par leurs remèdes les maux