Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/48

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


mis tout à coup à rendre des oracles, comme les inspirés.

SOCRATE.

Je soupçonne que ce talent m’est venu d’Euthyphron de Prospalte[1] ; car j’ai passé toute ma matinée auprès de lui, à lui prêter l’oreille. Et ce n’est peut-être pas seulement mon oreille qu’il aura remplie de sa science divine ; sans doute il se sera emparé, aussi de mon esprit. Eh bien, voici ce que je te propose : profitons-en pour aujourd’hui, et voyons ce qui nous reste à examiner sur la question des noms. Demain, mes amis, si vous le trouvez bon, nous procéderons à l’exorcisme et à la purification, en nous adressant pour cette affaire à quelqu’un qui s’y entende, soit prêtre, soit sophiste.

HERMOGÈNE.

Pour ma part, Socrate, j’y consens volontiers : j’aurais beaucoup de plaisir à entendre ce qui reste à dire sur les noms.

SOCRATE.

Soit ; par où veux-tu que nous commencions, puisque nous voilà engagés dans une sorte d’exa-

  1. Cet Euthyphron est le théologien superstitieux du dialogue qui porte son nom. Prospalte, dème de l'Attique, appartenant à la tribu Acamantide.