Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/648

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ce qu’ils doivent faire ou dire à la guerre et dans les combats, et dans les rapports qu’ils ont avec les autres hommes, soit pour l’action, soit pour la parole. Restent les gens comme vous, qui, par leur naturel et par leur éducation, [20a] tiennent à la fois du philosophe et du politique. Timée, citoyen de Locres en Italie, ville remarquable par l’excellence de ses lois, ne le cède à personne en cette ville ni pour la fortune ni pour la naissance ; il y a été revêtu des plus grandes charges et dignités ; et d’un autre côté il est parvenu, selon moi, au plus haut degré de la philosophie. Nous savons tous que Critias n’est étranger à rien de ce que nous disons ; et quant à Hermocrate, nous devons croire, sur de nombreux témoignages, qu’il n’y a rien en tout cela dont il ne soit capable et par nature et par éducation. Voilà pourquoi hier, voyant que vous me demandiez de parler de l’État, j’y ai consenti de grand cœur, dans la pensée que personne ne serait plus capable que vous autres, si vous le vouliez, de poursuivre un pareil propos. Car, maintenant que nous avons mis notre république en état de faire noblement la guerre, il n’y a que vous, entre tous les hommes de notre temps, qui puissiez achever de lui donner tout ce qui lui convient. Ayant cédé à votre demande, je vous ai fait cette de-