Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/677

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imite l’éternité et se meut dans un cercle mesure par le nombre. [38d] De même, quand nous appliquons le mot être au passé, au présent, à l’avenir et même au non être, nous ne parlons pas exactement. Mais, ce n’est point ici le lieu de s’expliquer sur ces choses plus en détail.

Le temps a donc été fait avec le monde, afin que, nés ensemble, ils finissent aussi ensemble, si jamais leur destruction doit arriver ; et il a été fait sur le modèle de la nature éternelle, afin qu’il lui ressemblât [38c] le plus possible. Le modèle est existant pendant toute l’éternité, et le monde a été, est et sera pendant toute la durée du temps. C’est dans ce dessein et dans cette pensée que Dieu, pour produire le temps, fit naître le soleil, la lune et les cinq autres astres que nous appelons planètes, afin de marquer et de maintenir les mesures du temps ; et, après avoir formé ces corps, il leur assigna [38d] les sept orbites que forme le cercle de ce qui est divers. La lune obtint l’orbite le plus proche de la terre ; le soleil vint après, ensuite Vénus et l’astre consacré à Mercure, qui parcourent leurs orbites aussi vite que le soleil, mais dont le mouvement est en sens contraire. C’est pourquoi le Soleil, Mercure et Vénus s’atteignent et sont tour à tour atteints l’un par l’autre dans leur course.