Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/712

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mande s’il faut dire que le nombre des mondes est infini, ou fini, on verra qu’en admettre [55d] un nombre infini, c’est penser comme un homme privé des connaissances qu’il est nécessaire d’avoir[1]. Mais n’y en a-t-il réellement qu’un seul, ou faut-il en admettre cinq ? C’est une question sur laquelle on peut hésiter avec plus d’apparence de raison. Pour nous, d’après la vraisemblance, nous déclarons qu’il n’y en a qu’un, peut-être quelqu’autre en admettra-t-il cinq, en partant d’un autre point de vue. Mais, laissons là ces questions et assignons chacune des figures dont nous venons d’étudier l’origine, au feu, à la terre, à l’eau ou à l’air. Donnons à la terre le solide de forme cubique ; [55e] car des quatre genres la terre est le plus immobile ; elle est le corps le plus susceptible de recevoir une apparence fixe ; il est donc nécessaire qu’elle soit formée du solide qui a les bases les plus fermes. Or, parmi les triangles que nous avons choisis en commençant, la base la plus ferme possible est le triangle équilatéral et non celui dont les côtés sont inégaux, et des deux plans équilatéraux que nous avons formés au moyen du triangle équilatéral, le tétragone, dans ses parties et dans son ensemble, est nécessairement une base plus

  1. Le dodécaèdre régulier, image de l’univers.