Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/719

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l’inégalité des triangles. Pour l’eau, elle se divise d’abord en deux parties, l’une fluide, l’autre fusible. La partie fluide, composée des plus petits éléments qui soient entrés dans la formation de l’eau, et d’éléments inégaux, se meut elle-même et reçoit facilement les impulsions qui lui viennent du dehors, à cause de cette inégalité et de la forme qui lui est propre. L’autre partie, formée d’éléments [58e] plus grands et égaux entre eux, est plus stable ; l’égalité de ses éléments la rend pesante, tant que la cohésion subsiste ; mais quand le feu la pénètre et la dissout, elle devient mobile en perdant son égalité ; et étant alors facile à mouvoir, elle est poussée par l’air qui l’environne et précipitée vers la terre, où les masses dont elle se compose se divisent et sur laquelle elle coule ; et elle reçoit un nom qui rappelle ces deux phénomènes. [59a] En même temps, comme le feu contenu dans l’eau fusible s’échappe, et qu’il ne peut s’évaporer dans le vide, il comprime l’air environnant qui pousse l’eau encore fluide dans les places qu’occupait le feu, et s’unit lui-même avec elle. L’eau ainsi comprimée et recouvrant son égalité, puisqu’elle est dégagée du feu, auteur de l’inégalité, se resserre et se contracte. On a appelé froid cette perte de feu, et glace la cohésion qui en résulte entre les parties de l’eau. De toutes les eaux [59b] que nous avons ap-