Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/727

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

était la rendent immobile en lui donnant de l’uniformité, et la condensent en augmentant la cohésion de ses parties. Ainsi comprimée plus que ne le comporte sa nature, cette humeur résiste et combat de tout son pouvoir contre son adversaire : cette lutte et cette agitation produisent le tremblement et le frisson. On a donné le nom de froid à cet ensemble d’impressions et à la cause qui les produit. On appelle durs les objets dont notre chair ne peut vaincre la résistance, mous, ceux qui cèdent à sa pression, et réciproquement. Tout ce qui s’appuie sur une petite base cède aisément ; mais les corps qui ont pour surfaces [62c] des tétragones, affermis sur leur base, forment l’espèce la plus solide, et tout ce qui est le plus condensé est aussi ce qui offre le plus de résistance.

La légèreté et la pesanteur s’expliqueront facilement, si nous montrons d’abord ce qu’il faut entendre par ce que l’on appelle le haut et le bas. Ce n’est pas en avoir une idée juste que de croire[1] qu’il y a dans la nature deux lieux distincts opposés l’un à l’autre, et qui séparent tout l’univers en deux parties ; le bas, vers lequel gravite tout ce qui a un corps, le haut vers lequel on ne peut pousser un corps qu’en sur-

  1. Contre Anaxagoras, Diog. de Laerte, II, 8.