Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/789

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mais légers, aux discours pompeux et frivoles, et qui dans leur simplicité s’imaginent que la vue [91e] est le meilleur juge de l’existence des choses. Les animaux pédestres et les bêtes sauvages sortent de ceux qui ne s’occupent point de philosophie et ne font attention à rien de ce qui concerne la nature du ciel, parce qu’ils n’emploient en aucune façon les mouvements de l’âme qui ont lieu dans la tête, et qu’ils obéissent à l’âme qui réside dans la poitrine. Par suite de ces habitudes, leurs membres antérieurs et leur tête sont penchés vers la terre par leur similitude avec elle : ils ont le dos allongé, [92a] et de différentes formes, selon les dérangements que la paresse a causés dans les mouvements de chacun d’eux. Les uns ont quatre pieds, les autres davantage, parce que Dieu a donné aux plus stupides un plus grand nombre de pieds, pour qu’ils se rapprochent encore plus de la terre. Pour les moins intelligents de tous, qui, étendus de tout leur corps sur la terre, n’avaient plus besoin de pieds, ils ont été faits sans pieds, et rampent sur la terre. Enfin, [92b] la quatrième espèce, celle qui vit dans l’eau, vient des hommes les plus dépourvus d’intelligence et de science : ceux qui les ont transformés ne les ont pas jugés dignes de respirer un air pur, parce que leur âme était chargée de souillures ; au lieu d’un air pur et léger, ils leur ont donné à respirer une