Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/84

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HERMOGÈNE.

Voyons, Socrate.

SOCRATE.

Le voici. Réponds-moi : saurais-tu me dire d’où vient ce mot πῦρ (feu) ?

HERMOGÈNE.

Non, en vérité.

SOCRATE.

Hé bien, voici ce que je soupçonne : j’imagine que les Grecs, et surtout ceux qui habitent des contrées soumises à la domination des barbares[1], ont emprunté aux barbares beaucoup de mots.

HERMOGÈNE.

Qu’infères-tu de là ?

SOCRATE.

C’est que l’on s’exposerait à bien des difficultés, si l’on voulait interpréter de tels mots à l’aide de la langue grecque, et non pas d’après la langue à laquelle ils appartiennent.

HERMOGÈNE.

Cela se pourrait bien.

SOCRATE.

Vois donc si ce mot πῦρ ne serait pas d’origine barbare. D’abord, il ne te sera pas facile de le dériver d’un mot grec ; ensuite nous savons qu’en

  1. Les peuples de la côte de l'Asie-Mineure.