Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/91

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mais il y a des objets qui sont admirables par cette qualité ; de là le mot ἀγαθόν[1]. La justice, δικαιοσύνη s’explique facilement par l’intelligence du juste, δικαίου σύνεσις. Mais le juste, δίκαιον, est un mot difficile. Ici on ne s’accorde que jusqu’à un certain point, au delà duquel les opinions se partagent. Ceux qui croient que tout est en mouvement, supposent que la plus grande partie de l’univers ne fait que passer, mais qu’il y a un principe qui parcourt l’univers et produit tout ce qui passe, et que ce principe est d’une vitesse et d’une subtilité extrême. Car il ne pourrait traverser toutes choses dans leur mouvement, s’il n’était assez subtil pour que rien ne pût l’arrêter, et assez rapide pour qu’en comparaison de la vitesse de sa course tout fut comme en repos. Ainsi puisque ce principe gouverne toutes les choses en les parcourant et les pénétrant, διαιόν on l’a appelé avec raison δίκαιον, en ajoutant le κ, pour rendre la prononciation plus coulante. Jusqu’ici, ainsi que je viens de le dire, on s’accorde généralement à reconnaître que telle est la nature du juste. Mais, moi, Hermogène, qui suis fort curieux de tout ce qui concerne la justice, je m’en suis enquis en secret, et j’ai appris

  1. Cette explication ajoute implicitement à ἀγαστόν, admirable, le mot θεόν, rapide, comme un second élément étymologique de ἀγαθόν. Voyez plus Bas, p. 107.