Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/973

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SOCR. N'est-ce pas, à ce qu'on dit, Marsyas et son élève chéri Olympos de Phrygie?

L'AMI. Tu as raison.

SOCR. Leurs compositions sont divines. Ce sont les seules qui touchent le coeur et nous révèlent le besoin que nous avons du secours des dieux; les seules enfin [318c] qui subsistent encore aujourd'hui comme étant dignes des dieux.

L'AMI. C'est vrai.

SOCR. Et parmi les anciens rois, quel est celui qu'on regarde comme le plus habile législateur, celui dont on u conservé les institutions comme divines?

L'AMI. Je ne sais.

SOCR. Ne sais-tu pas quel est le peuple grec qui a les plus anciennes lois ?

L'AMI. Tu veux parler des Lacédémoniens et de Lycurgue, leur législateur?

SOCR. Ces lois n'ont guère plus de trois cents et quelques années d'existence; mais sais-tu [318d] d'où viennent les meilleures de ces lois ?

L'AMI. On dit qu'elles viennent de Crète.

SOCR. C'est donc la Crète qui possède les plus anciennes lois de toute la Grèce?

L'AMI. Oui.

SOCR. Et connais-tu quels furent les meilleurs de leurs rois? Minos et Rhadamante, fils de Jupiter et d'Europe, auteurs des lois dont nous parlons?

L'AMI. Je sais bien, Socrate, que Rhadamante passe pour avoir été juste; mais pour Minos, on assure que c'était un homme farouche, cruel et injuste.

SOCR. Tu me contes-là, mon cher, une des fables et des tragédies d'Athènes.

[318e] L'AMI. Comment! N'est-ce pas ce qu'on a dit de Minos?

SOCR. Ni Homère ni Hésiode au moins! Et certes ils