Page:Platon - Œuvres complètes, Les Belles Lettres, tome II.djvu/13

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NOTICE


L'Hippias majeur est ainsi désigné dans nos manuscrits par opposition à l'Hippias mineur. Quel est au juste le sens de cette épithète ? Se rapporte-t-elle à une supériorité d'art et de valeur philosophique, ou simplement à une étendue plus grande ? En fait, l'Hippias majeur est sensiblement plus long que le mineur. C'est peut-être par là qu'il l'emporte le plus clairement sur l'autre. Par l'ensemble de ses caractères, d'ailleurs, il semble appartenir aussi à la première partie de la carrière de Platon.

L'authenticité de l'Hippias majeur a été plus d'une fois mise en doute par la critique moderne. M. de Wilamowitz-Mœllendorff, dans une récente étude (Platon, t. II, p. 328), vient de reprendre cette thèse. Les arguments invoqués sont, à vrai dire, bien peu décisifs contre l'autorité de la tradition et les traits incontestablement platoniciens que présente le dialogue.

L'argument le plus précis consiste à dire que l'opposition établie à la fin entre les minuties de la discussion socratique et les larges développements de l'éloquence politique et judiciaire se rapporte mal au vrai rôle d'Hippias, qui semble méconnu de l'auteur, et rappelle la querelle entre Isocrate et Platon. Soit : mais quelle difficulté trouve-t-on à voir là une riposte de Platon au Κατὰ σοφιστῶν d'Isocrate ? Est-ce que Platon a jamais craint de prêter à Socrate ses propres conceptions ?

D'autre part, les ressemblances avec la manière ordinaire de Platon sont si évidentes que le critique les explique en supposant une imitation volontaire du maître par un de ses