Page:Platon - Œuvres complètes, Les Belles Lettres, tome II.djvu/146

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171 θ CHARMIDE 7^'

à nos subordonnes aucune entreprise en dehors de celles qu'ils pourraient mener à bien, c'est-à-dire celles dont ils posséde- raient la science. Ainsi, sous l'empire de la sagesse, toute maison serait bien administrée, toute cité bien gouvernée, et il en serait de même partout où régnerait la sagesse. Car l'er-

172 a reur étant supprimée, la droite raison étant souveraine,

toutes les actions d'hommes ainsi disposés réussiraient néces- sairement, ce qui est la condition du bonheur. N'est-ce pas là, Critias, ce que nous voulions dire, quand nous disions, à propos de la sagesse, que c'est un grand bien de savoir ce qu'on sait et ce qu'on ignore? » — « Je suis tout à fait de ton avis. » — « Mais tu vois qu'en fait nous n'avons trouvé aucune science de cette sorte. » — « Je le vois, » dit-il.

b — c( Peut-être du moins cette sagesse

L9 sagesse, science que nous concevons comme science du

des sciences, savoir et de l'ignorance aurait-elle cet j3eiit~eile en rendre Vacquisition plus avantage de faciliter à qui la posséderait facile? l'étude des choses qu'il voudrait appren-

dre et de lui rendre tout plus clair, grâce à cette vue sur la science qu'il ajouterait à ses autres études ^ Peut-être en deviendrait-il plus apte aussi à vérifier le savoir des autres dans les choses de son métier, tandis que le manque de cette science affaiblit et compromet ce Q genre d'enquêtes? Ne serait-ce pas là, mon cher, le profit que nous retirons de la sagesse, et ne sommes-nous pas tentés de le voir trop en beau et de le grossir au-delà de ce qu'il est réellement? » — « C'est peut-être vrai, » dit-il.

« Peut-être ; mais peut-être aussi avons-nous perdu notre peine. Ce qui me le ferait croire, c'est que, si la sagesse est ce que nous avons dit, nous aboutissons à des conséquencei^ bien étranges. Admettons qu'il puisse exister une science de la science, et accordons à la sagesse ce que nous lui avons accordé d'abord et refusé ensuite, la capacité de savoir ce qu'elle sait et ce qu'elle ne sait pas. Tout cela étant accordé,

��I. Cette idée d'une liaison entre l'étude des diverses sciences se retrouve dans le Lâches, 18a b-c. La question ainsi introduite n'est pas discutée, parce que Socrate va tout à l'heure poser une sorte de question préalable. Il est d'ailleurs probable que, si la discussion

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