Page:Platon - Œuvres complètes, Les Belles Lettres, tome II.djvu/292

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Épilogue.

[223a]En parlant ainsi, j’avais l’intention de provoquer au débat quelqu’un des auditeurs plus âgés. Mais à ce moment, comme des divinités malfaisantes, intervinrent les pédagogues, celui de Ménexène et celui de Lysis, amenant les frères des deux enfants : ils les appelèrent et leur donnèrent l’ordre de rentrer, car il se faisait tard. Nous essayâmes d’abord, avec les assistants, d’éloigner ces importuns. Mais eux, sans égard pour nos observations, nous apostrophèrent avec colère dans leur mauvais [223b] grec et appelèrent de nouveau les enfants. Ils avaient bu aux fêtes d’Hermès et paraissaient peu en état de causer. Nous étions vaincus, nous nous séparâmes. Cependant, comme Lysis et Ménexène s’en allaient, je leur dis encore ces mots: — « Nous avons donné un spectacle assez ridicule, moi qui suis vieux, et vous, mes enfants. Nos auditeurs, en s’en allant, vont dire que nous, qui avons la prétention d’être amis (et je me range à ce titre parmi vous), nous n’avons pas été capables de découvrir ce qu’est un ami. »

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