Page:Plaute - Comédies, traduction Sommer, 1876, tome 1.djvu/69

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


court à eux, et plus prompt que la pensée, en saisit un de chaque main.µ

AMPHITRYON. Se peut-il ? ton récit me glace d’effroi, et mon pauvre corps frissonne à chacune de tes paroles. Mais que se passe-t-il ensuite ? continue.

BROMIA. L’enfant étouffe les deux serpents. Sur ces entrefaites une voix retentissante appelle ton Alcmène…

AMPHITRYON. Quelle voix ?

BROMIA. Celle du souverain maître des dieux et des hommes, • la voix de Jupiter. Il dit qu’il était entré secrètement dans le lit d’Alcmène ; que celui des deux enfants qui venait de tuer les serpents était son fils, et que l’autre était le tien.

AMPHITRYON. Sur ma vie, je ne regrette pas d’être en communauté avec Jupiter. Rentre et fais-moi préparer les vases sacrés ; je veux que de nombreuses victimes m’assurent la faveur du maître des dieux. J’appellerai le devin Tirésias et le consulterai sur ce que je dois faire ; il saura tout de point en point. Mais qu’entends-je ? quel coup de tonnerre ! Dieux, soyez-moi propices.


SCÈNE IL — JUPITER, AMPHITRYON.

JUPITER. Rassure-toi, Amphitryon, je viens te protéger toi et les tiens. Tu n’as rien à redouter : laisse là les devins et les aruspices ; ce qui est arrivé, ce qui doit arriver encore, je te le dirai bien mieux qu’eux, moi Jupiter. D’abord j’ai usurpé les faveurs d’Alcmène et dans mes embrassements elle a conçu un fils. Toi aussi, tu la laissas grosse en partant pour l’armée : elle vient d’accoucher en même temps de deux jumeaux. L’un, celui qui est formé de mon sang, te couvrira par ses exploits d’une gloire immortelle. Recommence à vivre, comme autrefois, en bonne intelligence avec ton Alcmène ; elle n’a pas mérité tes reproches, elle a cédé à ma toute-puissance. Et moi je retourne au ciel.



SCÈNE III. — AMPHITRYON.

Je ferai ce que tu m’ordonnes, et je te supplie de remplir tes promesses. Je vais rejoindre ma femme, et bonsoir au vieux Tirésias… Maintenant, spectateurs, applaudissez de toutes vos forces en l’honneur du grand Jupiter.


__________