Page:Plaute - Comédies, traduction Sommer, 1876, tome 1.djvu/94

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LÉONIDAS. Soit. Allons, en avant ! Tu chantes pouille aux autres et ne veux rien endurer. Je suis homme aussi bien que toi.

LE MARCHAND. Je n’en disconviens pas.

LÉONIDAS. Suis-moi donc. Soit dit sans me flatter, on n’a jamais eu rien à me reprocher, et il n’y a aujourd’hui dans Athènes personne à qui l’on puisse se fier mieux qu’à moi.

LE MARCHAND. Possible ; mais vous ne m’amènerez pas à vous remettre cet argent sans vous connaître. L’homme qu’on ne connaît pas n’est pas un homme, c’est un loup.

LÉONIDAS. Oh, oh ! on baisse le ton. Je savais bien que vous me donneriez satisfaction aujourd’hui de vos injures. J’ai de méchants habits, soit, mais je suis un brave homme, et bien fin celui qui calculerait mes épargnes.

LE MARCHAND. Possible !

LÉONIDAS. Je vous dirai de plus que Périphane, le riche marchand de Rhodes, m’a compté, tête à tête avec moi, en l’absence de mon maître, un talent d’argent ; il a eu confiance, et n’en a pas été la dupe.

LE MARCHAND. Possible !

LÉONIDAS. Et vous-même, si vous vous étiez informé de moi, je suis bien sûr que vous m’auriez confié ce que vous avez là.

LE MARCHAND. Je ne dis pas non. (Ils sortent.)


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ACTE III.


SCÈNE I. — CLÉÉRÈTE, PHILÉNIE.


CLÉÉRÈTE. Ainsi, je ne puis pas obtenir, quand je défends une chose, que tu m’obéisses ? Tu veux donc méconnaître l’autorité maternelle ?

PHILÉNIE. Mais, ma mère, comment respecterais-je mon devoir, si, pour vous obéir, je prenais les sentiments que vous voulez ?

CLÉÉRÈTE. Est-il décent de ne pas écouter mes leçons ?

PHILÉNIE. Comment cela ?

CLÉÉRÈTE. Est-ce témoigner du respect à sa mère que de braver son autorité ?

PHILÉNIE. Je ne blâme pas celles qui font bien, mais je n’aime pas celles qui font mal.