Page:Pline l'ancien - Histoire naturelle, Littré, T1 - 1848.djvu/169

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d’Esculape, à Athènes, reparaissent dans la fontaine de Phalère. Dans le territoire d’Atinum un fleuve s’engloutit, et reparaît au bout de vingt mille pas (kil. 29, 45); le Timave en fait autant dans le territoire d’Aquilée.

[4] En Judée, le lac Asphaltite, qui produit le bitume, ne laisse rien s’enfoncer (V, 15); il en est de même du lac Aréthuse dans la grande Arménie (VI, 31) : celui-ci bien que nitreux, nourrit des poissons. Dans le territoire de Salente, auprès de la ville de Mandurie, se trouve un lac plein jusqu’aux bords; le niveau n’en diminue pas quand de l’eau en est tirée ; il n’augmente pas quand de l’eau y est versée.

[5] Dans le fleuve des Ciconiens (V, 18) et dans le lac Vélin du Picenum (III, 18), un morceau de bois qu’on y jette se recouvre d’une couche pierreuse. Dans le Surius (VI. 4 ), fleuve de Colchide, la pétrification s’empare du cœur du bois, tout en laissant subsister l’écorce. Dans le Silare (III, 9), au delà de Surrente, non seulement les branches, mais encore les feuilles qui y sont jetées, se pétrifient : du reste, les eaux en sont bonnes à boire. A l’issue du marais de Réate (III, 17; XXXI, 8), la roche croît en volume, et dans la mer Rouge il naît des oliviers et des arbrisseaux verdoyants (XIII, 48).

[6] Plusieurs sources présentent le phénomène singulier d’une grande chaleur, et cela même sur les sommets des Alpes, même au milieu de la mer, entre l’Italie et Aenaria, comme aussi dans le golfe de Baïes, dans le fleuve de Liris, et en beaucoup d’autres points. Quant à l’eau douce, il y en a des jets en plusieurs endroits de la mer, aux îles Chélidoniennes (V, 35; IX, 85), à Aradus (V, 17),et dans l’Océan de Cadix.

[7] Dans les eaux chaudes de Pavie on trouve des herbes verdoyantes; dans celles de Pise, des grenouilles; des poissons, à Vétulonium, en Étrurie, non loin de la mer. Dans le territoire de Casinum, une rivière appelée Scatebra est, en été, froide et plus abondante; on y trouve, comme dans le lac Stymphalis de l’Arcadie, des rats d’eau (XXXI, 10). A Dodone, la source de Jupiter, qui est glaciale et qui éteint les torches qu’on y plonge, les rallume si on les en approche éteintes; cette même source tarit toujours à midi, ce qui l’a fait appeler Anapauomenon, intermittente; puis elle croît et arrive à déborder vers le milieu de la nuit; à partir de ce moment, elle recommence à décroître peu à peu.

[8] Dans l’Illyrie, des étoffes étendues au-dessus d’une fontaine qui est froide prennent feu. L’étang de Jupiter Hammon, froid pendant le jour, s’échauffe pendant la nuit. Chez les Troglodytes (V, 5 et 8) il y a une source appelée source du Soleil ; elle est douce et très froide vers midi, puis elle tiédit peu à peu; vers le milieu de la nuit elle prend beaucoup de chaleur et un goût amer.

[9] La source du Pô est toujours à sec dans le milieu des jours d’été, par une sorte d’intermittence. Dans l’île de Ténédos (V, 39 ), une source déborde toujours au solstice d’été, depuis 3 jusqu’à 6 heures de nuit. Dans l’île de Délos, la source Inopus décroît et augmente de la même façon que le Nil, et dans le même temps. En face de l’embouchure du Timave est une petite île avec des sources chaudes qui croissent et diminuent avec la marée. Dans le territoire de Pitinum, au delà de l’Apennin, le fleuve Novanus (52) devient torrentueux au solstice d’eté, et tarit au solstice d’hiver.

[10] A Falisque (III, 8), toutes les eaux blanchissent le poil des bœufs qui en boivent. Dans la Béotie, le Mélas rend les brebis noires. Le Cépbise, qui provient