Page:Plutarque - Vies, traduction Ricard, 1829, tome 13.djvu/20

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retournait à Rome pour se livrer aux affaires publiques, lorsqu'il fut un peu refroidi par la réponse qu'il reçut de l'oracle de Delphes : il avait demandé au dieu par quel moyen il pourrait acquérir une très grande gloire : « Ce sera, lui répondit la Pythie. en prenant pour guide de votre vie, non l'opinion du peuple, mais votre naturel. » Quand il fut à Rome, il s'y conduisit dans les premiers temps avec beaucoup de réserve ; il voyait rarement les magistrats, qui lui témoignaient eux-mêmes peu de considération ; il s'entendait donner les noms injurieux de Grec et d'écolier, termes familiers à la plus vile populace de Rome, mais son ambition naturelle, enflammée encore par son père et par ses amis, le poussa aux exercices du barreau, où il parvint au premier rang, non par des progrès lents et successifs, mais par des succès si brillants et si rapides, qu'il laissa bientôt derrière lui tous ceux qui couraient la même carrière. Il avait pourtant, à ce qu'on assure, et dans la prononciation et dans le geste, les mêmes défauts que Démosthène ; mais les leçons de Roscius et d'Ésope, deux excellents acteurs, l'un pour la tragédie, et l'autre pour la comédie, l'en eurent bientôt corrigé. On raconte de cet Ésope, qu'un jour qu'il jouait le rôle d'Atrée, qui délibère sur la manière dont