Page:Plutarque - Vies, traduction Ricard, 1829, tome 13.djvu/37

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celle qui portait son adresse ; et comme on lui donnait avis que Catilina devait faire bientôt un grand carnage dans Rome, qu'on l'engageait même à sortir de la ville, il ne voulut pas ouvrir les autres ; et soit qu'il craignît le danger dont Rome était menacée, soit qu'il cherchât à se laver des soupçons que ses liaisons avec Catilina avaient pu donner contre lui, il alla sur-le-champ trouver Cicéron, avec Scipion et Marcellus. Le consul, après en avoir délibéré avec eux, assembla le sénat dès le point du jour, remit les lettres à ceux à qui elles étaient adressées, et leur ordonna d'en faire tout haut la lecture. Elles donnaient toutes les mêmes avis de la conjuration ; mais après que Quintus Arrius, ancien préteur, eut dénoncé les attroupements qui se faisaient dans l'Étrurie ; qu'on eut su, par d'autres avis, que Mallius, à la tête d'une armée considérable, se tenait autour des villes de cette province pour y attendre les nouvelles de ce qui se passerait à Rome, le sénat fit un décret par lequel il déposait les intérêts de la république entre les mains des consuls, et leur ordonnait de prendre toutes les mesures qu'ils jugeraient convenables pour sauver la patrie. Ces sortes de décrets sont rares : le sénat ne les donne que lorsqu'il craint quelque grand danger.

XVI. Cicéron, investi de ce pouvoir absolu, confia à Quintus