Page:Plutarque - Vies, traduction Ricard, 1829, tome 13.djvu/48

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César s'opposa à la confiscation des biens, et représenta qu'il n'était pas juste de rejeter ce que son avis avait d'humain, pour n'en adopter que la disposition la plus rigoureuse. Comme le plus grand nombre se déclarait ouvertement contre son avis, il en appela aux tribuns, qui refusèrent leur opposition ; mais Cicéron prit de lui-même le parti le plus doux, et se relâcha sur la confiscation des biens.

XXII. Il se rendit alors, à la tête du sénat, aux lieux où étaient les complices ; car on ne les avait pas tous mis dans la même maison ; chaque préteur en avait un sous sa garde. Il alla d'abord au mont Palatin prendre Lentulus, qu'il conduisit par la rue Sacrée, et à travers la place, il était escorté des principaux de la ville qui lui servaient de gardes, et d'une foule immense de peuple qui, le suivant en silence, frissonnait d'horreur sur l'exécution qu'on allait faire. Les jeunes gens surtout assistaient, avec un étonnement mêlé de frayeur, à cette espèce de mystère politique que la noblesse faisait célébrer pour le salut de la patrie. Lorsqu'il eut traversé la place et qu'il fut arrivé à la prison, il livra Lentulus à l'exécuteur, et lui ordonna de le mettre à mort ; il y amena ensuite Céthégus et les autres conjurés qui subirent tous le dernier supplice. Cicéron, en repassant sur la place, vit plusieurs complices de