Page:Plutarque - Vies, traduction Ricard, 1829, tome 13.djvu/51

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jamais lui permettre de parler au peuple, et mirent leurs bancs sur la tribune, pour l'empêcher même d'y entrer ; ils lui laissèrent seulement la liberté d'y venir, s'il le voulait, pour se démettre de sa charge, et d'en descendre aussitôt qu'il aurait fait le serment d'usage. Cicéron y consentit ; et étant monté à la tribune, il obtint le plus grand silence ; mais au lieu du serment ordinaire, il en fit un tout nouveau, et qui ne convenait qu'à lui ; il jura qu'il avait sauvé la patrie et conservé l'empire. Tout le peuple répéta, après lui, le même serment. César et les tribuns n'en furent que plus irrités, et s'occupèrent de susciter à Cicéron de nouveaux orages ; ils proposèrent une loi qui rappelait Pompée avec ses troupes, afin de détruire le pouvoir presque absolu de Cicéron. Heureusement pour lui et pour Rome, Caton était alors tribun ; et comme il avait une autorité égale à celle de ses collègues, avec une plus grande considération, il mit opposition à leurs décrets. Non content d'en avoir empêché facilement les effets, il releva tellement, dans ses discours, le consulat de Cicéron, qu'on lui décerna les plus grands honneurs qu'on eût encore accordés à aucun Romain, et qu'on lui donna le nom de Père de la patrie : titre honorable