Page:Plutarque - Vies, traduction Ricard, 1829, tome 13.djvu/79

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


venir vous en assurer par vos propres yeux ? » Après la défaite de Pompée, Nonnius portait les esprits à la confiance, parce qu'il restait encore sept aigles dans le camp. « Vous auriez raison, répliqua Cicéron, si nous avions à combattre contre des geais. » Labiénus, plein de confiance en certaines prédictions, soutenait que Pompée finirait par être vainqueur. «Cependant, lui dit Cicéron, avec cette ruse de guerre nous avons perdu notre camp. »

XXXIX. Cicéron, retenu par une maladie, n'avait pu se trouver à la bataille de Pharsale. Lorsque Pompée eut pris la fuite, Caton, qui avait à Dyrrachium une armée nombreuse et une flotte considérable, voulait que Cicéron en prît le commandement, qui lui appartenait par la loi, parce qu'il avait le rang d'homme consulaire. Cicéron l'ayant absolument refusé, en déclarant qu'il ne prendrait plus de part à cette guerre, il manqua d'être massacré par le jeune Pompée et par ses amis, qui, l'accusant de trahison, allaient le percer de leurs épées, si Caton ne les eût arrêtés ; encore eut-il bien de la peine à l'arracher de leurs mains et à le faire sortir du camp. Cicéron se rendit à Brunduse, où il resta quelque temps pour attendre César, que ses affaires d'Asie et d'Égypte retenaient encore. Dès qu'il sut qu'il était arrivé à Tarente,