Page:Poe - Eureka trad. Baudelaire 1864.djvu/126

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tre et que nous ne pouvons nous empêcher de reconnaître comme loi, — mais loi dont ni le principe ni le modus operandi du principe n’ont été jusqu’à présent décalqués par l’analyse humaine, — loi enfin qui n’a été trouvée susceptible d’aucune explication, ni dans son détail, ni dans sa généralité, — se montre décidément explicable et expliquée sur tous les points, pourvu seulement que nous donnions notre assentiment à… à quoi ? À une hypothèse ? Mais si une hypothèse, — si la plus pure hypothèse, une hypothèse à l’appui de laquelle, comme dans le cas de la Loi newtonienne, pure hypothèse elle-même, ne se présente pas l’ombre d’une raison à priori, — si une hypothèse, même aussi absolue que tout ce que celle-ci comporte, nous permet d’assigner un principe à la Loi newtonienne, — nous permet de considérer comme remplies des conditions si miraculeusement, si ineffablement complexes et en apparence inconciliables, comme celles impliquées dans les rapports que nous révèle la Gravitation, — quel être rationnel poussera la sottise jusqu’à appeler plus longtemps « hypothèse, » même cette ab-