Page:Poe - Eureka trad. Baudelaire 1864.djvu/205

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que la quarante millième partie de la surface de notre globe. Si à ce panorama succédait, au bout d’une heure, un autre panorama d’égale étendue ; à ce second, au bout d’une heure, un troisième ; à ce troisième, au bout d’une heure, un quatrième, et ainsi de suite, jusqu’à ce que tous les décors de la Terre fussent épuisés, et si nous étions invités à examiner ces divers panoramas pendant douze heures par jour, il ne nous faudrait pas moins de neuf ans et quarante-huit jours pour achever l’examen de la collection.

Mais si la simple surface de la Terre se refuse à l’étreinte de notre imagination, que penserons-nous de sa contenance évaluée par cubes ? Elle embrasse une masse de matière équivalente au moins à un poids de deux undécillions et deux cents nonillions de tonnes. Supposons cette masse à l’état de repos, et essayons de concevoir une force mécanique suffisante pour la mettre en mouvement ! La force de toutes les myriades d’êtres dont notre imagination peut peupler les mondes planétaires de notre système, la force physique combinée de tous ces êtres,