Page:Poe - Eureka trad. Baudelaire 1864.djvu/214

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


impossible ; impossible simplement parce que toutes les distances sur notre Terre sont véritablement insignifiantes ; si nous les comparons avec les vastes quantités cosmiques, noua pouvons dire qu’elles se réduisent absolument à néant.

Or, supposons que l’étoile Alpha Lyræ soit juste au-dessus de nos têtes ; et imaginons qu’au lieu d’être sur la Terre, nous soyons placés à l’un des bouts d’une ligne droite s’étendant à travers l’espace jusqu’à une distance égale au diamètre de l’orbite de la Terre, c’est-à-dire une distance de cent quatre-vingt-dix millions de milles. Ayant observé, au moyen des instruments micrométriques les plus délicats, la position exacte de l’étoile, marchons le long de cette inconcevable route, jusqu’à ce que nous ayons atteint l’autre extrémité. Ici, examinons une seconde fois l’étoile. Elle est précisément où nous l’avons laissée. Nos instruments, si délicats qu’ils soient, nous affirment que sa position relative est absolument, identiquement la même qu’au commencement de notre incommensurable voyage. Nous n’avons trouvé aucune parallaxe, absolument aucune.