Page:Poe - Eureka trad. Baudelaire 1864.djvu/47

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nière du Hog, ou au moins à la manière du Ram, vers le mystérieux palais où gisent, confinés, étincelants dans l’ombre, non gardés, purs encore de tout regard mortel, vierges de tout attouchement humain, les impérissables et inappréciables secrets de l’Univers !

« Oui, Kepler était essentiellement théoricien ; mais ce titre, qui comporte aujourd’hui quelque chose de sacré, était dans ces temps anciens une épithète d’un suprême mépris. C’est aujourd’hui seulement que les hommes commencent à apprécier le vieux homme divin, à sympathiser avec l’inspiration poétique et prophétique de ses indestructibles paroles. Pour ma part, — continue le correspondant inconnu, — il me suffit d’y penser pour que je brûle d’un feu sacré, et je sens que je ne serai jamais fatigué de les entendre répéter ; en terminant cette lettre, permettez-moi de jouir du plaisir de les transcrire une fois encore :

« Il m’importe peu que mon ouvrage soit lu maintenant ou par la postérité. Je puis bien attendre un siècle pour trouver quelques lecteurs, puisque