Page:Poe - Eureka trad. Baudelaire 1864.djvu/83

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blement caractériser l’action originelle de Dieu. Voyons maintenant si les faits établis de la Gravitation newtonienne peuvent nous fournir, à posteriori, quelques inductions légitimes.

Que déclare la loi newtonienne ? que tous les corps s’attirent l’un l’autre avec des forces proportionnées aux carrés de leurs distances. C’est à dessein que je donne d’abord la version vulgaire de la loi ; et je confesse que dans celle-ci, comme dans la plupart des traductions vulgaires de grandes vérités, je ne trouve pas une qualité très-suggestive. Adoptons donc une phraséologie plus philosophique : — Chaque atome de chaque corps attire chaque autre atome, soit appartenant au même corps, soit appartenant à chaque autre corps, avec une force variant en raison inverse des carrés des distances entre l’atome attirant et l’atome attiré. Ici, pour le coup, un flot de suggestions jaillit aux yeux de l’esprit.

Mais voyons distinctement la chose que Newton a prouvée, — selon la définition grossièrement irrationnelle de la preuve prescrite par les écoles de