Page:Poe - Histoires extraordinaires (1869).djvu/505

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tache et peut-être de Beauvais, nous ne trouvons pas d’amants de Marie, reconnus, déclarés, honorables. Il n’a été parlé d’aucun autre. Quel est donc l’amant secret dont les parents (au moins pour la plupart) n’ont jamais entendu parler, mais que Marie rencontre le dimanche matin, et qui est entré si profondément dans sa confiance, qu’elle n’hésite pas à rester avec lui, jusqu’à ce que les ombres du soir descendent, dans les bosquets solitaires de la barrière du Roule ? Quel est, dis-je, cet amant secret dont la plupart, au moins, des parents, n’ont jamais entendu parler ? Et que signifient ces singulières paroles de madame Roget, le matin du départ de Marie : « Je crains de ne plus jamais revoir Marie » ?

» Mais, si nous ne pouvons pas supposer que madame Roget ait eu connaissance du projet de fuite, ne pouvons-nous pas au moins imaginer que ce projet ait été conçu par la fille ? En quittant la maison, elle a donné à entendre qu’elle allait rendre visite à sa tante, rue des Drômes, et Saint-Eustache a été chargé de venir la chercher à la tombée de la nuit. Or, au premier coup d’œil, ce fait milite fortement contre ma suggestion ; mais réfléchissons un peu. Qu’elle ait positivement rencontré quelque compagnon, qu’elle ait traversé avec lui la rivière et qu’elle soit arrivée à la barrière du Roule à une heure assez avancée, approchant trois heures de l’après-midi, cela est connu. Mais, en consentant à accompagner ainsi cet individu (dans un dessein quelconque, connu ou inconnu de sa