Page:Poe - Histoires grotesques et sérieuses.djvu/225

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Je conversai ainsi avec M. Maillard une heure ou deux, pendant lesquelles il me montra les jardins et les cultures de l’établissement.

« Je ne puis pas, — dit-il, — vous laisser voir mes malades immédiatement. Pour un esprit sensitif, il y a toujours quelque chose de plus ou moins répugnant dans ces sortes d’exhibitions ; et je ne veux pas vous priver de votre appétit pour le dîner. Car nous dînerons ensemble. Je puis vous offrir du veau à la Sainte-Menehould, des choux-fleurs à la sauce veloutée, après cela un verre de clos-vougeot ; vos nerfs alors seront suffisamment raffermis. »

À six heures, on annonça le dîner, et mon hôte m’introduisit dans une vaste salle à manger, où était rassemblée une nombreuse compagnie, vingt-cinq ou trente personnes en tout. C’étaient, en apparence, des gens de bonne société, certainement de haute éducation, quoique leurs toilettes, à ce qu’il me sembla, fussent d’une richesse extravagante et participassent un peu trop du raffinement fastueux de la vieille cour[1]. J’observai aussi que les deux tiers

  1. À propos du veau à la Sainte-Menehould, de la sauce veloutée, de la vieille cour, etc., il ne faut pas oublier que l’auteur est Américain, et que, comme tous les auteurs anglais et américains, il a la manie d’employer des termes français et de faire parade d’idées françaises, — termes et idées d’un répertoire un peu suranné. — C. B.