Page:Poe - Histoires grotesques et sérieuses.djvu/249

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libres, mais que les gardiens furent immédiatement séquestrés dans des cabanons et traités, je suis fâché de l’avouer, d’une manière très-cavalière.

— Mais je présume qu’une contre-révolution a dû s’effectuer promptement. Cette situation ne pouvait pas durer longtemps. Les campagnards du voisinage, les visiteurs venant voir l’établissement auront donné sans doute l’alarme.

— Ici, vous êtes dans l’erreur. Le chef des rebelles était trop rusé pour que cela pût arriver. Il n’admit désormais aucun visiteur, — à l’exception, une seule fois, d’un jeune gentleman, d’une physionomie très-niaise et qui ne pouvait lui inspirer aucune défiance. Il lui permit de visiter la maison, comme pour y introduire un peu de variété et pour s’amuser de lui. Aussitôt qu’il l’eut suffisamment fait poser, il le laissa sortir, et le renvoya à ses affaires.

— Et combien de temps a duré le règne des fous ?

— Oh ! fort longtemps, en vérité ; — un mois certainement ; — combien en plus, je ne saurais le préciser. Cependant les fous se donnaient du bon temps ; — vous en pourriez jurer. Ils jetèrent là leurs vieux habits râpés et en usèrent à leur aise