Page:Poincaré - Thermodynamique (ed. 1908).djvu/141

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99. Énoncé à l’abri des objections précédentes. — Imaginons un système soustrait à toute action extérieure et composé de n corps, A1, A2, …, An, dont |‘état ne dépend que de deux variables indépendantes, la température T et le volume spécilique ν. Supposons que la température T1 du corps A1 soit plus élevée que la température T2 de A2 et faisons subir au système une transformation qui l’amène à l‘état suivant : tous les corps du système, sauf A1 et A2 sont dans leur état initial ; les volumes spécifiques de A1 et A2 ont la même valeur qu’avant la transformation. Dans ces conditions, il est impossible que A1 se soit échaufé et que A2 se soit refroidi. Tel doit être l’enoncé du principe de Clausius pour être à l’abri de toute objection.

Ainsi, cet énoncé suppose trois restrictions : 1° le système est isolé, c’est-à-dire qu‘il n’emprunte ni ne cède de chaleur à l’extérieur, qu’il n’accomplit aucun travail extérieur positif ou négatif ; 2° tous les corps du système, sauf deux, reviennent à leur état primitif, en d’autres termes, décrivent des cycles fermés ; 3° les deux autres corps reprennent leur volume spécifique initial.

En effet, sans cette troisième restriction, nous pouvons comprimer adiabatiquement le corps A1 et détendre adiabatiquement le corps A2 ; en utilisant le travail résultant de cette détente à la compression de A1, le système ne reçoit aucun travail de l’extérieur ; il ne reçoit pas non plus de chaleur, puisque la compression et la détente sont adiabatiques ; les deux premières restrictions sont donc satisfaites. Cependant, le corps le plus chaud A1 s’est échauffé par suite de la compression, le corps le plus froid A2 s’est refroidi par suite de la détente. Le principe de Clausius pourrait