Page:Ponchon - La Muse au cabaret, 1920.djvu/174

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De cette faune obscure, en nos tripes rendu,
Y détermine telle ou telle maladie ;
Le « balantidium » une balantidie.
Le « dispar » vous fait disparaître jusqu’à l’os ;
Et le moindre lombrix vous vaut le tétanos,
Que si vous avalez un simple ankilostome,
Vous pouvez devenir une ombre de fantôme.
Songez qu’en dévorant un méchant pissenlit,
Vous risquez d’attraper un amœba-coli ;
Et que l’échinocoque ainsi que l’anguillule
Vous désagrégeront, cellule par cellule.
Autant vaut avaler ton sabre, ô Damoclès !
Qu’être lombricoé par un ascaridès…
Je me sens tricoté par un tricocéphale !…
Ô ma tête ! ma tête ! ô ma pauvre céphale !

Adieu donc, ô salade ! ô raiponce ! ô chicon !
Capables d’enrichir en un jour l’Achéron.
Adieu, scarole jaune, et toi, verte laitue,
Que nous croyions inoffensive et qui nous tue !
Quel coup dur pour l’œuf dur ! Adieu, toi, le cresson !
Tu n’es plus la « santé du corps » de la chanson.
Bonsoir la betterave et la douceâtre mâche !
Endive de malheur, et céleri, grand lâche !
Chicorée ! ah mon Dieu ! c’est fini de friser !
Barbe de capucin !… qui voudrait te raser ?

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