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NOUVEAUX SAMEDIS

curiosité dans un cabinet d’antiques. Quant à la chaloupe de sauvetage qui irait chercher au Marais, dans une salle d’études du lycée Charlemagne, un fils du prince Napoléon, afin de remplacer le père par le fils, à condition que le fils, sans toutefois renier le père, adopterait un programme diamétralement contraire à la politique et à la religion paternelles, on nous permettra de ne pas la prendre au sérieux. Si c’est un sentiment, il est respectable mais chimérique : si c’est un principe, nous demanderons quel peut être le principe de la légitimité napoléonienne, du moment qu’elle ne donne ni la stabilité, ni la sécurité, ni la gloire, à moins que ce ne soit le chiffre des hommes qu’elle a fait périr, et des milliards qu’elle a fait perdre. Vous figurez-vous une de ces crises formidables qui décident du destin des nations : menace de guerre au dehors, de guerre civile au dedans, Chambres envahies, président supprimé, otages incarcérés, incendies et massacres en perspective, et, comme contrepoids ou correctif à ce paroxysme de calamités et de périls, un adolescent interrompant sa version ou sa partie de barres pour dire à la foule affolée et endiablée : « Calmez— vous ! Attendez un instant ! Laissez-moi relire mon catéchisme politique, qui est un peu compliqué ; laissez-moi surtout m’assurer que mon père n’est pas à votre tête, ce qui me gênerait, s’il fallait se résoudre à faire le coup de fusil. J’honore mon père, afin de vivre longuement ; mais je déplore ses erreurs. J’ai doublement