Page:Potocki - Dix journées de la vie d’Alphonse Van-Worden, 1-3.djvu/243

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» Au bout de huit jours, notre petite flottille fut dispersée par une grégalade, c’est le nom que, dans la Méditerranée, l’on donne à un coup de vent nord-est. Chacun se sauva comme il pût. Pour nous, nous arrivâmes à un ancrage, connu sous le nom de rade de Saint-Pierre. C’est une plage déserte, sur la côte de Sardaigne. Nous y trouvâmes une polacre vénitienne, qui sembloit avoir beaucoup souffert de la tempête. Notre patron forma aussitôt des projets sur ce navire, et jeta l’ancre tout proche de lui. Puis il mit une partie de son équipage à fond de cale, afin de paroître avoir moins de monde, ce qui étoit presque une précaution superflue, car les