Page:Potocki - Dix journées de la vie d’Alphonse Van-Worden, 1-3.djvu/397

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avez pu faire quelque attention à ses charmes, elle en a infiniment : ses yeux ont l’expression de la tendresse, sa bouche s’embellit par le sourire ; son corps a des formes parfaites. Un matin, je revenois de l’observatoire, j’appelai pour me déshabiller, elle ne m’entendit pas. J’allai à sa chambre qui est à côté de la mienne ; je la vis à sa fenêtre, penchée en dehors, à demi-nue, faisant des signes de l’autre côté du vallon, et souflant sur sa main des baisers que son âme entière sembloit suivre. Je n’avois aucune idée de l’amour : l’expression de ce sentiment frappoit, pour la première fois, mes regards. Je fus tellement émue et surprise, que j’en restai aussi immobile qu’une