Page:Potvin - L'appel de la terre, 1919.djvu/102

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XIII


Cependant, aux Bergeronnes, chez le père Duval et chez le menuisier Thérien, on languissait de voir Paul et l’on se demandait ce qu’il pouvait bien faire ; quant à Jeanne, elle était atterrée. Son fiancé était donc fâché contre elle qu’il ne venait plus la voir ? Que lui avait-elle fait ? Ne s’était-elle pas toujours montrée gentille envers lui ?…

Paul n’avait même pas voulu profiter des vacances de l’été pour venir aux Bergeronnes ; il avait écrit qu’il lui fallait rester à Tadoussac où il avait des engagements pour des classes privées. Il avait fait savoir à Jeanne que ces classes lui rapportaient beaucoup d’argent. C’était les dernières nouvelles que Jeanne Thérien avait reçues de Paul Duval ; mais elle attendait toujours : « Il viendra dimanche », se disait-elle, chaque semaine…

Mais le dimanche passait et Paul n’était pas venu.

Un lundi, la mère Duval, qui était une femme énergique et aux promptes décisions, n’y tînt plus. Puisque Paul ne venait pas, elle irait le voir elle-même, à Tadoussac : « S’il était malade », se disait-elle, « le pauvre enfant !… »

Le lendemain matin, en effet, la mère Duval prenait le postillon et, à midi, arrivait chez la mère Thibault.