Page:Potvin - Le tour du Saguenay, historique, légendaire et descriptif, 1920.djvu/98

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le tour du saguenay

trer ! Voyez-vous ces beaux braves, ça a peur d’une femme, une pauvre femme seule… »

Elle servit un succulent repas aux voyageurs qui se couchèrent ensuite dans ses meilleurs lits…

Une fois que nous sommes au large de la Baie Sainte-Catherine, nous voyons continuellement, de chaque côté du bateau, surgir les gros dos blancs des marsouins. Ils émergent à quelques brasses souvent du bateau et font bruyamment sonner leur trompe. Ils flottent, un instant, à la surface, comme heureux de sentir sur leur dos glacé les rayons du soleil. Puis, effrayés sans doute à la vue du navire, ils plongent avec la rapidité de l’éclair.

Comme dans les parages de l’Île-aux-Coudres, nous sommes, ici, dans la patrie de ces monstres marins, les marsouins. La pêche à ce petit cétacé s’est faite, ici, sur une grande échelle. Il est intéressant, croyons-nous, d’en rapporter quelques détails.

Nous disons marsouin pour nous conformer à la terminologie populaire qui a désigné de ce nom ces gros animaux. Car, à vrai dire, nous n’avons pas de véritables marsouins dans le Saint-Laurent, pas plus que dans le Saguenay. Le marsouin véritable ne fréquente pas nos eaux canadiennes. Le vrai marsouin n’a que cinq ou six pieds de long, tandis que l’animal nommé ainsi et qui nage dans le fleuve atteint souvent une longueur de vingt pieds ; de plus, il est d’un beau blanc de neige au lieu d’être brun.

Mais pour ne pas déroger à la coutume populaire, nous continuerons d’appeler marsouin cet animal tout comme s’il en était un en réalité. La pêche ou la chasse aux marsouins s’est faite sur une grande échelle déjà