Page:Potvin - Un héros de l'air, l'heureuse aventure de Roméo Vachon, 1955.djvu/44

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Un rêve enfin réalisé


C’est alors qu’il cumulait sa double fonction de surintendant et de gérant de la « Canadian Airways » et de la « Quebec Airways » que notre valeureux compatriote put réaliser, enfin, le rêve qu’il fit en 1921 avec son frère Irenée : un service aéro-postal sur le littoral labradorien. En 1931, il prit charge de l’organisation de ce service de vingt-sept stations, de Rimouski, port d’attache, à Harrington, Côte Nord, soit un circuit de 503 milles à parcourir. Roméo Vachon savait sa Côte Nord et ceux qu’il servait connaissaient le sens inné d’orientation qu’il possédait, sur la route aérienne, tout comme le possède l’oiseau migrateur dans l’espace infini qu’il parcourt. Aussi, en onze années, aucun accident ; peut-être une panne peu grave de temps en temps. Roméo Vachon était aussi prudent qu’intrépide. On peut dire qu’il fut pour la Côte Nord ce que son célèbre confrère français Mermoz fut pour l’Amérique du Sud, plus en petit, nous le concédons, mais avec la même maîtrise. Roméo Vachon était de cette classe d’hommes qui, comme les Mermoz, les Guillaumet, les Saint-Exupéry, dès leur jeunesse, décident de consacrer leur vie au service de leur race, de la bien servir et qui, quelles que fussent les aventures contradictoires et souvent bien désagréables, pour ne pas dire plus, de la vie, restent jusqu’à la mort fidèles à l’idéal de leur jeunesse. De tels hommes sont aussi admirables qu’ils sont rares.

Voici donc notre jeune compatriote à la tête de deux compagnies aériennes, surintendant régional de l’une, gérant de l’autre. Nous sommes en 1938. Le travail de l’organisation du circuit aéro-postal marche rondement. Tout va bien. Des terrains d’aviation bien aménagés surgissent tout le long du littoral.

Dans la province de Québec, le Labrador canadien est le terrain élu pour l’aviation. Aussi, est-ce là qu’en 1921,