Page:Potvin - Un héros de l'air, l'heureuse aventure de Roméo Vachon, 1955.djvu/53

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sans entretenir une certaine crainte à la vue de tous ces dos blancs ; ils étaient pour des nageurs plutôt encombrants que dangereux. Toujours est-il que nos deux naufragés réussirent à atteindre le rivage de l’Île-aux-Morts, Brrr !… et à marcher sur une assez longue distance sur des cailloux ronds et couverts d’algues marines visqueuses sur lesquelles ils trébuchaient à chaque pas. Tout à fait épuisés et grelottants, ils durent bientôt s’arrêter pour souffler avant de continuer.

Heureusement, du village de Tadoussac, ils avaient été vus par le défunt sir William Price qui, quelque mois plus tard, devait tragiquement périr à Kénogami, entraîné dans la Rivière-au-Sable par un éboulement de grumes de ses moulins. Ayant aperçu, à l’aide de ses jumelles, de sa villa, les deux aviateurs, il se hâta d’aller à leur secours sur son gros yacht, l’« Albacon ».

Pendant ce temps, heureusement, nos deux naufragés avaient pu gagner le phare de l’Îlet où sir William, les ayant rejoint, leur vida dans le gosier une pleine bouteille de rhum. Puis il les conduisit sur son yacht où ils purent enlever leurs vêtements trempés et enfiler ce que l’on put trouver de défroques des matelots de l’embarcation. Mais le bon rhum de sir William faisait son effet. Tellement, racontait Willshire, qu’il voyait autour de lui les dos blancs de milliers de marsouins prêts à se jeter sur lui… Sous un lourd paletot dont il s’était vêtu, notre Roméo Vachon, pour son compte, suait en cascades, un vrai bain turc ! Les deux servantes du yacht lui conseillaient de se dévêtir. Surent-elles pourquoi il refusait obstinément d’enlever son… paletot, se contentant de regarder Willshire, et de rire… de rire ! L’Anglais en faisait autant. Après le bain glacé, cela avait été le bain de vapeur. Ce soir-là, sir William Price conduisait les deux aviateurs à l’Hôtel Tadoussac où, grâce à toutes sortes de bons soins, ils reprirent leur bon sens. Quelle