Page:Procès-verbal de la Commission Municipale du Vieux Paris, 1898, 2.djvu/2

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


des inscriptions et belles-lettres, qui commit deux de ses membres, MM. Héron de Villefosse et Cagnat, à l’examen de ces inscriptions. Sous la conduite de M. Sellier, les délégués de l’Académie se sont rendus sur place.

L’examen des pierres inscrites a conduit MM. Héron de Villefosse et Cagnat à partager l’opinion déjà émise à leur sujet, c’est-à-dire qu’elles paraissent avoir la même origine et qu’elles sont similaires de celles découvertes en 1847 sur le parvis Notre-Dame ainsi que de celles trouvées en 1870 et 1883 dans les arènes de la rue Monge, aujourd’hui toutes conservées au musée Carnavalet. Les inscriptions y sont gravées sans soin, quelquefois grossièrement, tantôt en lettres capitales, tantôt en cursives latines, enchevêtrées et surchargées.

Une de ces pierres porte une inscription incomplète, mais très nette ; on y reconnaît le nom de PRIOR…, précédé d’un nom, peut-être celui d’une femme, qui se termine par …LA ; de plus, le mot Prior est surchargé dans sa partie supérieure de celui de TVRIE en petites capitales. Ces pierres inscrites sont néanmoins d’un intérêt indéniable puisqu’on y retrouve, avec PRIOR, les noms d’anciens habitants de Lutèce : QVINTI…, ARCELLVS, EVEVI…, etc., indépendamment des abréviations et des initiales qui s’y rencontrent aussi. MM. Héron de Villefosse et Cagnat terminaient leur rapport par ces mots : « La Ville de Paris a le devoir de conserver les trop rares souvenirs de son passé, et elle leur donnera sans doute un abri au musée Carnavalet. C’est le désir que nous exprimions formellement en priant l’Académie d’user de sa haute influence pour que ces inscriptions soient déposées promptement en lieu sûr, à l’abri des dégradations et de la destruction. » L’Académie a adopté ce vœu à l’unanimité.

M. Alfred Lamouroux donne également lecture des vœux émis par la Société nationale des antiquaires de France et par la Société de l’histoire de Paris et de l’Ile-de-France, tendant à la conservation des pierres dont il vient d’être question :


« Société nationale des antiquaires de France. — Extrait du procès-verbal de la séance du 9 février 1898.

« Sur la proposition de M. Héron de Villefosse, membre résidant, M. le Président met aux voix un vœu tendant à la conservation des pierres portant des inscriptions, récemment découvertes à la pointe de la Cité, et à leur dépôt au musée Carnavalet.

« Ce vœu est adopté à l’unanimité et sera transmis à M. le Préfet de la Seine.

« Pour copie conforme :
« Le président de la Société,
« Germain Bapst. »


« Extrait du registre des procès-verbaux de la Société de l’histoire de Paris et de l’Ile-de-France.

« Séance du 8 février 1898.


« Présidence de M. Servois, président.

« M. Edgar Mareuse présente différentes photographies qu’il a fait exécuter des parties du mur antique récemment découvert à la pointe de la Cité, et des pierres avec inscriptions qu’on y a rencontrées.

« M. Charles Sellier communique un plan qu’il a dressé de l’état des fouilles et des parties mises à jour de ce mur antique.

« Le Conseil décide la reproduction de la photographie des inscriptions et du plan, gracieusement mis à la disposition de la Société par MM. Mareuse et Sellier, et adopte ensuite à l’unanimité un vœu tendant à ce que les pierres portant des inscriptions soient conservées et transportées au musée Carnavalet.

« Copie de la présente délibération sera transmise à M. le Préfet de la Seine.

« Pour copie conforme :
« Le secrétaire,
« Paul Viollet. »


M. le Président annonce que la Commission du Vieux Paris s’est augmentée de deux nouveaux membres, MM. Georges Villain et Levraud, conseillers municipaux de Paris. Par leurs travaux particuliers et leurs aptitudes spéciales, MM. Levraud et Georges Villain étaient tout désignés pour faire partie de la Commission.

MM. Levraud et Georges Villain demandent à entrer dans la 2e Sous-commission (Fouilles).

Adopté.