Page:Procès-verbal de la Commission Municipale du Vieux Paris, 1898, 5.djvu/21

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2. — N’y a-t-il pas lieu de créer ou d’améliorer pour les divers métiers d’art des écoles d’application et quel doit en être éventuellement le programme ?

3. — Quels sont, dans les conditions sociales modernes, les principes rationnels à suivre pour la création de quartiers nouveaux et pour l’édification de monuments d’architecture ou de sculpture et des constructions tant publiques que privées ? (Produire, dans la mesure du possible, des maquettes ou des plans.)

4. — Du choix des matériaux à employer pour les constructions en plein air suivant leur destination et leur situation. »

La Commission vote le renvoi de cette questionna la Commission de permanence.


M. André Laugier donne lecture de la note ci-après, qui lui a été demandée par la 1re Sous-commission :


« Note sur la chapelle des Enfants-Rouges.


M. Gaillard fils, ancien juge suppléant au Tribunal de commerce de la Seine, président honoraire de la Chambre syndicale de la bijouterie de Paris, dans une lettre adressée à M. le Préfet de la Seine, signalait à son attention l’existence de la plus grande partie de l’église Saint-Julien de l’hospice des Enfants-Rouges, fondé sous le règne de François Ier par Marguerite de Navarre[1], et que l’on pouvait croire entièrement disparue.

Le pourtour du chef de l’église, écrit M. Gaillard, se voit, encore parfaitement par le passage du no 90 de la rue des Archives.

Je suis entré dans la cour du no 90, et j’ai en effet constaté l’existence d’un corps de bâtiments surélevé par des constructions postérieures, sans aucun caractère, et enclavé au milieu d’elles, ayant la forme d’une abside d’église avec une grande fenêtre plein cintre, sans aucune sculpture ni ornement apparent à l’extérieur pouvant appeler l’attention.

Le concierge de la maison m’a déclaré que l’intérieur, approprié pour des logements et magasins et divisé par des cloisons et planchers, ne présentait rien d’intéressant. Il paraissait, d’ailleurs, ignorer complètement que cet immeuble eût jamais été une église. On ne voit rien en entrant dans la cour du no 92.

M. Gaillard signale également l’existence, au no 83 de la rue, en face des nos 92 et 90 — de bâtiments ayant dépendu de l’église des Enfants-Rouges, isolés de l’autre partie par le percement de la rue Molay, aujourd’hui rue des Archives. On aperçoit effectivement, au coin de la rue des Archives (no 83) et de la rue Portefoin, au milieu de constructions basses, sans caractère appréciable, une ancienne porte cintrée pouvant avoir servi d’entrée à l’un des bâtiments dépendant de l’église ou de l’hospice des Enfants-Rouges.

Note sur la dalle lumulaire de l’ancien cloître des Carmes-Billettes. aujourd’hui préau de l’école municipale de la rue des Archives (ancienne rue des Billettes).

Je suis descendu avec M. le directeur de l’école municipale dans la cave de l’ancien cloître, où, sous une très ancienne voûte soutenue par un gros pilier de pierre de forme cylindrique, analogue à ceux que l’on voit dans les anciennes cryptes d’église, j’ai vu, adossée au mur, une ancienne pierre tombale sur laquelle je n’ai trouvé trace d’aucune inscription. On voit seulement, creusée dans la pierre, la forme d’une figure couchée ; à droite et à gauche, deux blasons.

Ces deux blasons pourraient assurément, après examen, fournir des indications intéressantes et précises sur l’identité du personnage enseveli sous la dalle du cloître.

D’après les renseignements que m’a donnés le directeur de l’école municipale, une autre pierre tombale existerait dans la cave du Temple évangélique des Billettes attenant au cloître, et qui a dû être construit sur les fondations de l’ancienne église gothique du couvent des Carmes-Billettes contemporaine du cloître construit au xve siècle. Une visite de ces deux pierres tombales aurait été faite, m’a-t-il dit, il y a cinq ans avec lui par M. Le Vayer.

André Laugier. »

Des remerciements sont adressés à M. Laugier pour sa communication.

La partie relative à la reproduction de l’église des Enfants-Rouges, 90, rue des Archives, est renvoyée à la 3e Sous-commission.

M. Alfred Lamouroux propose que la pierre tombale placée dans la cave de l’école des Carmes-Billettes soit transportée au musée Carnavalet.

Adopté.

  1. D’après l’ouvrage Les curiosités de Paris et des environs, Paris, 1742 (tome 1er, page 285), l’hospice des Enfants-Rouges aurait été fondé en 1533.