Page:Procès-verbal de la Commission Municipale du Vieux Paris, 1898, 7.djvu/29

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


mieux que la plus savante ou la plus pittoresque des descriptions ?

Pour toutes ces considérations, au nom de la 3e Sous-commission, nous vous prions, Messieurs, d’adopter le vœu suivant :

Il sera créé au musée Carnavalet, en dehors des reproductions diverses d’aspects ordonnées par la Commission du Vieux Paris, un portefeuille de la sculpture ornementale des anciennes maisons de Paris.

Ce portefeuille comprendra la reproduction par le dessin ou par la photographie de toutes les parties jugées intéressantes et en général de tous les ouvrages sculptés, menuisés, forgés des anciennes maisons et hôtels particuliers de Paris, tels que clefs de fenêtres, de portes, balcons, consoles, mascarons, rampes d’escalier en bois ou en fer forgé, appuis de fenêtre, portes cochères, boiseries intérieures, etc.

Signé : Lucien Lambeau. »

M. Lucien Lambeau dit qu’il serait heureux d’avoir, au sujet de son rapport, l’avis de M. Georges Cain, conservateur du musée Carnavalet.

M. Georges Cain répond qu’il est entièrement favorable à son adoption. En ce qui concerne l’exécution, il assure la Commission qu’il fera son possible pour mener à bien la création de cette nouvelle section, qui présente en effet un réel intérêt.

M. Le Roux demande si, pour garnir le portefeuille en question, on prendra des estampes déjà classées dans les cartons du musée Carnavalet, ou bien si cette création commencera avec les reproductions décidées par la Commission du Vieux Paris.

M. le Président répond qu’il est bien entendu que la nouvelle section partira de la création de la Commission du Vieux Paris.

M. Lucien Lambeau ajoute qu’il ne pourrait guère en être autrement, les cartons du musée Carnavalet ne possèdent pour ainsi dire aucune des reproductions qui motivent son rapport.

Ce rapport est adopté et des félicitations sont adressées à son auteur.

M. le Président rappelle à la Commission que la question de l’isolement du musée de Cluny est à l’ordre du jour de la prochaine séance du Conseil municipal, il estime qu’il est du devoir de la Commission du Vieux Paris d’émettre un vœu tendant à l’aménagement des bords de ce musée par la création d’un square. Il ajoute que le Conseil municipal, en ce moment saisi de la question, fera certainement son possible pour la mise en valeur de cet admirable souvenir du passé.

Le vœu tendant à l’isolement du musée de Cluny est adopté et transmission en sera faite au Conseil municipal.

M. Jules Périn verse au dossier de la question de l’isolement du musée de Cluny des numéros du journal le Bâtiment, du 1er septembre 1898, où il n’hésitait pas à engager à recourir à la mesure de l’expropriation pour cause d’utilité publique, afin d’assurer le résultat désiré par tous de l’isolement du musée de Cluny, en démontrant juridiquement qu’en pareil cas la déclaration d’utilité publique ne saurait être contestée par les propriétaires du terrain se trouvant situé entre l’hôtel de Cluny et la Sorbonne.

M. Le Vayer signale la disparition des derniers vestiges de l’ancien moulin de la Pointe qui s’élevait, dès le xviie siècle, à l’extrême limite de la censive de Sainte-Geneviève-du-Mont, à l’angle du chemin de Paris à Vaugirard et du chemin de Vanves (actuellement rues de Vaugirard et des Fourneaux).

Trois constructions portant les nos 133, 135 et 137 de la rue de Vaugirard, vont occuper l’emplacement de ce moulin, dont les substructions, mises au jour lors des fouilles entreprises en juin dernier, accusaient très visiblement les petits éperons ou contreforts qu’on voit figurés sur le plan dressé en 1753 par le colonel baron de Molina. En 1731, Roussel représente également le moulin de la Pointe sur son plan de Paris et des environs.

Il convient de noter que les anciens bâtiments qui viennent de disparaître étaient occupés naguère par un marchand grainetier dont l’industrie n’est pas sans rapports avec l’industrie meunière exercée en ce lieu durant un siècle et demi.

M. Tesson propose à la Commission de vouloir bien adopter l’exécution des reproductions suivantes :

Extrémité gauche de la rue de Bagnolet qui sera démolie pour le percement de la rue Belgrand.

Rue de la Py, qui va être élargie.

Rue et sentier des Montibœufs.

Renvoyée à la 3e Commission.