Page:Procès verbaux des séances de la Société littéraire et scientifique de Castres, Année 1, 1857.djvu/105

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conserver un souvenir plus profond de sa grandeur primitive, est reçue en Égypte où elle acquiert un caractère de gravité dont tous les monuments portent l’empreinte. Les vases en terre, découverts dans les ruines, les figures tracées sur les obélisques, sont la vivante image de cette sagesse froide et inflexible que l’antiquité s’accorde à reconnaître au peuple égyptien.

Les Grecs lui empruntent des dieux, des lois, des principes de gouvernement, des habitudes, des procédés de fabrication. Ils donnent ensuite à tous ces emprunts, la tournure particulière de leur génie national. Les exigences de leur vie, les cérémonies de leur culte, les amènent à l’invention ou au perfectionnement de vases de toute dimension, de toute forme. Heureusement doués pour les arts, ils impriment à leurs œuvres un caractère qui ne s’efface pas, et qui ne permet pas de les confondre avec ce que les autres peuples produisent, sous l’influence pourtant féconde, de leurs leçons et de leurs exemples.

C’est à eux que nous devons les belles poteries dites étrusques. Leurs colonies, leurs ouvriers isolés, le commerce, les portèrent sur tout le littoral de la Méditerranée, et répandirent en même temps la connaissance de leur nom et la domination de leur génie. Destinées aux usages domestiques, ou objets d’art placés dans les temples, dans les édifices publics, dans les maisons particulières, ces poteries se rattachent toutes à un même procédé de fabrication : elles sont évidemment inspirées par le même génie. On a, sans doute, plus particulièrement appelé vases étrusques, ceux dont le fond est rouge, avec des dessins noirs ou blancs, et vases grecs, ceux dont le fond est noir, avec des dessins rouges : mais l’origine est la même, et la Grèce peut les revendiquer tous.

Aussi parfaite pour la partie céramique, mais moins délicate sous le rapport des ornements, la poterie romaine, d’un beau rouge, d’un caractère uniforme, a suivi le peuple conquérant dans toutes les parties du monde. Appliquée aux usages domesti-