Page:Procès verbaux des séances de la Société littéraire et scientifique de Castres, Année 1, 1857.djvu/47

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Sous les abbés (647—1050), le latin domine encore. Il se présente sous deux aspects bien tranchés : il est pur quand les moines le parlent ou l’écrivent ; témoin le poème sûr la translation des reliques de Saint-Vincent, par le moine Aimon. Il se ressent de l’ignorance générale, dans les écrits publics, témoin un acte de Charles-le-Chauve (844).

Sous les Comtes et les premiers Seigneurs (1056—1357), la langue travaille à se perfectionner. La communauté de Castres, date de 1150. La charte d’affranchissement est en latin ; mais elle est pleine de mots étrangers à cette langue, et que nous retrouvons dans notre patois. Les poésies de cette époque ont la mesure, la rime, les vers groupés en stances. Elles sont souvent difficiles à saisir, à cause des inversions, tandis que la prose peut être comprise à une simple lecture.

La charte de Lautrec (1232), renferme encore un certain nombre de mots purement latins : mais ils sont immédiatement traduits dans le texte même.

Il résulte de plusieurs citations empruntées à des auteurs et à des documents historiques, qu’au xiiie siècle la langue du Midi de la France était fixée ; que les Espagnols du Nord la parlaient, presque sans différence ; que les grands vers avaient la mesure de l’alexandrin moderne, et que les rimes ou monophones ou intercalées étaient connues.

La langue du Midi créée, il s’agissait de la maintenir. Ce fut le but de l’institution des Jeux-Floraux en 1223.

De 1356 à 1500, M. Combes cite de nombreux monuments en prose et en vers, afin de constater d’une manière authentique les modifications qui interviennent successivement, ou les variations qui se produisent. Le latin ne sort guère de l’Église, des inscriptions tumulaires et des actes notariés.