Page:Prod’homme - Richard Wagner et la France, 1921.djvu/15

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
3
le wagnérisme en france avant la guerre


racontant son voyage en Allemagne, parle, le 12 septembre 1843, de l’auteur de Rienzi et du Hollandais volant. Le même journal annonce, le 19 octobre 1845, la mise en scène de Tannhäuser « de M. Robert Wagner », que le théâtre de Dresde allait représenter le 21 ; puis, au début de novembre, on y trouve quelques mots sur la « nouvelle œuvre de M. Wagener » ; enfin, le 18 mars 1849, tout un feuilleton de Liszt sur Tannhäuser et son auteur. L’année suivante, après la première de Lohengrin à Weimar, Gérard de Nerval en adresse le compte rendu à la Presse (18 et 19 septembre 1850) ; Liszt, dans les Débats encore, fait un récit des fêtes du mois d’août (22 octobre 1850) et, le 24 novembre 1850 à la Société de Sainte-Cécile, Seghers donne une première et unique audition de l’ouverture de Tannhäuser. « Après tout, il n’y a point de loi qui défende d’écrire lorsqu’on n’a point d’idée. L’œuvre de M. Wagner est donc parfaitement légale et la justice d’aucun pays n’a rien à y voir », écrit Gustave Héquet dans le National du 30 novembre ; et Henri Blanchard, dans la Gazette musicale du lendemain : « Nous persistons à dire, à répéter que ce genre de musique a fait son temps. »

Au milieu de 1852, Fétis analyse dans la même revue Opéra et Drame et la Communication à mes Amis. Cinq années encore se passent, et, en septembre 1857, Théophile Gautier et Ernest Reyer, ayant assisté à une représentation de Tannhäuser donnée aux journalistes français, en rendent compte aux Parisiens, l’un dans le Moniteur du 29 septembre, l’autre dans le Courrier de Paris du lendemain. Une audition de l’ouverture, dirigée par Arban, au début de février de l’année suivante, provoque des commen-