Page:Proudhon - Du principe de l'art et de sa destination sociale.djvu/147

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée
135
ÉGYPTE : ART TYPIQUE

Paris transformée en un temple quasi païen. Ces changements de destination des monuments ne sont pas rares dans l’histoire de l’architecture : nécessité n’a pas de loi. Mais hors le cas de nécessité, dit le catéchisme, il faut se servir d’eau bénite, et je me demande si, au point de vue de l’art, de pareilles transformations peuvent se faire accepter. Si l’on avait dit à un artiste, en 1791 : Nous voulons un temple des grands hommes, servant de sépulture, ex œquo, à tous ceux que la reconnaissance publique y portera d’ici à la fin des siècles, croit-on qu’il eût donné à ce temple là forme de l’église Sainte-Geneviève ? Une église chrétienne, gothique ou non gothique, implique une certaine distribution qui ne convient qu’a elle : elle est en forme de croix, ce qui n’a pas de sens dans un temple de la Gloire ; et le dôme, qui s’élève sur la partie centrale, symbole de l’aspiration religieuse et de la protection du Ciel sur les fidèles, est également tout ce que l’on peut imaginer de plus contraire au principe, de l’égalité que doit exprimer ce temple, l’égalité dans la grandeur et dans la mort. Le dôme de Saint-Pierre, à Rome, commande urbi et orbi : ôtez-lui cette signification catholique, cette pensée d’universalité ; faites-en un Prytanée pour les citoyens romains qui auront bien mérité de la patrie, et Saint-Pierre, la plus grande, la plus magnifique église de la chrétienté, sera absurde. Il y a encore une autre raison d’incom-