Page:Proudhon - La Révolution sociale démontrée par le coup d’État du 2 décembre.djvu/26

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publics, de l’impôt, de la douane, des domaines ; occupant au delà de 500,000 fonctionnaires, salariés des communes et de l’état ; tenant dans sa dépendance directe ou indirecte, toute propriété, toute industrie, tout art mécanique ou libéral ; ayant partout la haute main sur les personnes et sur les choses ; gouvernant tout, et ne laissant aux contribuables que la peine de produire et de payer l’impôt.

4o Une magistrature fortement hiérarchisée, étendant à son tour, sur les rapports sociaux et les intérêts privés, son inévitable arbitrage : Cour de cassation, Cour d’appel, Tribunaux de première Instance et de Commerce, Justices de paix, Conseils de prud’hommes, etc. : le tout en parfaite intelligence avec l’église, l’administration, la police et l’armée.

5o Cet immense organisme, servant à la fois de moteur et d’instrument à l’action collective, attirant sans cesse à lui la force et la richesse du pays, trois grands partis s’en disputaient la direction, et, jaloux de procurer le bonheur de la patrie, troublaient, déchiraient son sein de leur ardente compétition. C’étaient : le parti légitimiste, représentant la branche aînée de Bourbon, et jusqu’à certain point l’ancien régime ; le parti orléaniste, représentant des idées constitutionnelles ; le parti républicain. Ces trois partis se subdivisaient à leur tour en plusieurs nuances : en dehors, le parti bonapartiste, qui allait reparaître, enfin le parti socialiste, qui devait attirer sur lui la malédiction de tous les autres.

6o Quant à la NATION, parfaitement homogène au point de vue juridique, elle se divisait, sous le