Page:Quatremère de Quincy - Considérations morales sur la destination des ouvrages de l’art, 1815.djvu/113

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s’opère que par la force d’un sentiment profondément recueilli, et par la vertu de l’accord moral dont j’ai parlé.


Trop souvent on se trompe sur la source des impressions que nous font éprouver les ouvrages de l’Art, en la plaçant exclusivement dans ces ouvrages. Outre la réciprocité qui existe quelquefois, comme je l’ai fait voir, entre la capacité de produire et la capacité de recevoir des impressions, il faut dire, que comme la faculté de jouir est en ce genre la faculté de rassembler des rapports, il y a dans les jouissances du sentiment une multitude de rapprochemens qui échappent à l’analyse, et font trouver à un petit nombre d’hommes des sensations que le vulgaire ne soupçonne pas. Souvent lorsque nous croyons jouir uniquement de l’image qui est devant nos yeux, mille petits rapports indirects et étrangers se substituent aux rapports principaux ; en sorte que ce que nous voyons, est quelquefois pour peu de choses dans ce que nous sentons, et ce que nous admirons.

De cette capacité de jouir par l’imagination plus que par les sens, peut résulter chez quelques hommes cette indifférence qu’ils semblent témoigner pour les accompagnemens, les préparations