Page:Quatremère de Quincy - Considérations morales sur la destination des ouvrages de l’art, 1815.djvu/80

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dans votre mémoire ; ce monument aura rempli sa destination. Puissiez-vous le voir retracé dans un pathétique tableau, devenir, sous le pinceau du Poussin, le sujet d’une utile leçon ! puisse-t-il se recommander au zèle des vrais amis des Arts, qui veilleront à sa conservation ! puisse-t-il rester là comme un exemple de la puissance des monumens considérés dans leur accord avec les impressions morales qu’ils doivent produire !

Il n’y a point de monument de l’Art qui ne corresponde ainsi plus ou moins, dans sa destination originaire, avec quelque idée ou quelque affection spéciale. Les tableaux ont presque tous eux-mêmes, ainsi que les statues et les édifices, une vocation précise et dépendante des motifs qui les ont fait produire. Il en est, je le sais, qui échappent à cette règle ; la diversité des genres de la peinture surtout, a produit plus d’une exception dans la manière de considérer les ouvrages du pinceau. Il en est qui se refusent aux grands emplois, dont quelques autres tirent et leur réputation et leur valeur ; il en est qui ne sont faits que pour l’ornement intérieur des monumens ; il en est qui sont des monumens eux-mêmes.

Par exemple, une suite de tableaux formant une galerie historique en l’honneur d’un personnage